C’est une idée novatrice : déplacer une activité connue pour ses besoins considérables en énergie et en refroidissement vers un environnement caractérisé par des températures extrêmement basses et un rayonnement solaire de forte intensité.
Est-ce de la science-fiction ? Peut-être. Mais le sujet suscite assurément un intérêt croissant.
D’ici 2030, les centres de données devraient représenter près de 9 % de la consommation totale d’électricité aux États-Unis, ce qui soulève des préoccupations quant à la disponibilité de l’énergie, à la durabilité et aux infrastructures de refroidissement.
Déployer des centres de données dans l’espace pourrait constituer une solution idéale à un problème grandissant.
Après tout, l’espace offre un accès continu à une énergie solaire de forte intensité ainsi qu’un moyen pratique de dissiper la chaleur. Si l’on ajoute à cela la baisse des coûts de lancement et la hausse des prix de l’énergie, il n’est guère surprenant que l’industrie s’intéresse de plus en plus sérieusement aux infrastructures orbitales de traitement des données.
Au-delà de la question « devrait-on le faire ? » : serait-ce possible ?
Malgré ces avantages apparents, le principal défi réside dans la gestion de l’énergie.
Les centres de données modernes consomment d’énormes quantités d’énergie électrique tout en générant des charges thermiques tout aussi importantes. Dans l’espace, cela se traduit par de vastes panneaux solaires pour produire de l’électricité et d’importantes surfaces de radiateurs pour évacuer la chaleur.
La masse et les dimensions qui en résultent entraînent des pertes d’efficacité, une augmentation des coûts et des difficultés de mise à l’échelle. Toute solution crédible doit donc trouver un équilibre entre production d’énergie, gestion thermique, masse et coûts, tout en restant modulaire et évolutive.
Étude de cas sur le minage de Bitcoin
Ce webinaire présente notre étude sur la faisabilité des centres de données spatiaux à travers un cas d’usage précis : une station spatiale dédiée au minage de Bitcoin.
Cette application représente un cas d’usage extrême, mais clairement défini, caractérisé par une forte densité de puissance, un fonctionnement continu et des contraintes minimales en matière de latence des données. L’analyse associe notre expérience terrestre de la gestion thermique de grandes installations de minage de Bitcoin à notre vaste expertise en conception thermique des engins spatiaux.
À l’aide d’un cadre d’ingénierie système basée sur les modèles (MBSE), associé à l’optimisation multidisciplinaire et à une analyse basée sur la physique augmentée par l’intelligence artificielle, nous avons réalisé un dimensionnement initial du système et défini une architecture thermique préliminaire.
L’étude évalue les besoins en matière de production d’énergie, les stratégies d’évacuation de la chaleur ainsi que les principaux compromis de conception ayant une incidence sur l’évolutivité et les coûts. Les résultats permettent de mieux comprendre les défis techniques et les pistes potentielles menant à des architectures viables de centres de données orbitaux, tout en mettant en évidence le rôle essentiel d’une conception intégrée des systèmes thermiques et énergétiques dans le développement des futures infrastructures informatiques spatiales.